Un cahier des charges logistique sert à transformer un besoin opérationnel en consultation comparable. Il doit permettre à plusieurs prestataires de chiffrer le même périmètre avec les mêmes hypothèses : produits, volumes, saisonnalité, stock, réceptions, préparation, expéditions, retours, systèmes d’information, niveaux de service et conditions de transition.
Vous cherchez un logisticien pour un arrivage import, un surplus de stock ou une externalisation complète ? Le document doit préciser ce qui entre, ce qui reste, ce qui sort et ce que le prestataire devra réellement faire. Une demande de « stockage » peut aussi nécessiter du dépotage de conteneur, du tri, de la palettisation et de la distribution.
En bref
- Décrivez d’abord les flux réels, pas seulement le chiffre d’affaires ou le volume annuel.
- Séparez toujours moyenne, pointe et projection : le dimensionnement d’un prestataire se joue souvent sur les pics.
- Faites répondre tous les candidats avec la même grille tarifaire et les mêmes unités d’œuvre.
- Contractualisez les SLA, la gouvernance, la sécurité des données et la réversibilité.
- Comparez le coût complet sur vos scénarios réels, pas un seul tarif de stockage ou de préparation.
France Supply Chain décrit le processus achat transport et logistique comme allant du sourcing fournisseurs et de la définition du cahier des charges jusqu’à l’appel d’offres, au déploiement contractuel et au suivi de la performance. Le cahier des charges n’est donc pas un document isolé : il est la base de la consultation et du pilotage futur du prestataire.
Trouver un prestataire logistique n’est pertinent qu’après avoir défini précisément ce que vous attendez de lui. À défaut, chaque opérateur interprète le besoin à sa manière et les offres deviennent difficiles à comparer.
Qu’est-ce qu’un cahier des charges logistique ?
Un cahier des charges logistique est un document de référence remis aux prestataires consultés dans le cadre d’une externalisation logistique ou d’une prestation ciblée. Il décrit le contexte, le périmètre opérationnel, les flux, les contraintes, les systèmes, les indicateurs de service et la structure de réponse attendue.
Son objectif n’est pas de produire un document administratif très long. Son objectif est de permettre à chaque candidat de répondre à la même question.
Un bon cahier des charges doit notamment répondre à quatre questions :
- Quelles opérations le prestataire devra-t-il réaliser ?
- Avec quels volumes et quelles variations ?
- Avec quelles contraintes et quel niveau de service ?
- Comment son offre technique et économique sera-t-elle comparée aux autres ?
Dans ses conseils pour les appels d’offres transport, FAQ Logistique Conseil insiste sur la retranscription des besoins réels et l’intérêt de joindre des grilles de cotation. Cette logique de cadrage et de comparaison est également utile pour consulter des logisticiens.
Quelles informations faut-il réunir avant de consulter des logisticiens ?
La qualité de la consultation dépend directement de la qualité des données transmises. Deux entreprises peuvent annoncer « 10 000 commandes par mois » et nécessiter des organisations totalement différentes.
Un flux de textile avec plusieurs milliers de références, des tailles, des couleurs et un taux de retour important ne se traite pas comme 10 000 commandes de pièces techniques, de cosmétique, d’alimentaire sec ou de produits à forte valeur.
Avant de rédiger le document, réunissez au minimum les données suivantes :
| Donnée | Ce qu’il faut fournir | Pourquoi c’est important |
|---|---|---|
| Références actives | Nombre de SKU actifs, dormants et nouveaux | Dimensionnement des emplacements, du picking et du WMS |
| Stock | Moyenne, minimum et maximum en palettes, bacs, unités ou m² | Dimensionnement de la capacité |
| Réceptions | Palettes, cartons, conteneurs, fréquence, saisonnalité | Charge de déchargement, contrôle et mise en stock |
| Commandes | Moyenne mensuelle, jour moyen, jour de pointe | Dimensionnement de la préparation |
| Lignes par commande | Moyenne et distribution | Charge réelle de picking |
| Canaux | B2B, D2C, magasins, marketplaces, export | Process et conditionnements différents |
| Retours | Taux, motifs, contrôles et remise en stock | Charge opérationnelle souvent sous-estimée |
| Transport | Destinations, poids, dimensions, délais, modes | Choix transporteurs et coût complet |
| Systèmes | ERP, WMS, OMS, CMS, EDI, API | Coût et délai d’intégration |
| Contraintes produits | Marchandises dangereuses, température, lots, DLC/DDM, série, valeur, fragilité | Éligibilité technique du prestataire |
Lorsque l’historique existe, transmettez des données réelles sur 12 mois ou sur une période représentative. Lorsque l’activité est nouvelle, distinguez clairement ce qui est constaté, ce qui est prévisionnel et ce qui constitue un scénario haut.
Comment décrire les produits et les contraintes de stockage ?
La marchandise conditionne l’organisation de l’entrepôt. Un cahier des charges doit donc décrire les produits suffisamment précisément pour éliminer les opérateurs qui ne disposent pas des équipements, agréments ou process nécessaires.
Précisez notamment :
- dimensions et poids des unités, cartons et palettes ;
- mode de conditionnement et capacité de gerbage ;
- fragilité et valeur des marchandises ;
- température ou hygrométrie particulières ;
- matières réglementées ou dangereuses ;
- gestion des lots, numéros de série, DLC ou DDM ;
- traçabilité attendue ;
- opérations de contrôle qualité ;
- étiquetage, kitting, co-packing ou personnalisation.
Pour les flux palettisés, indiquez également les caractéristiques d’identification et de traçabilité attendues. Les standards GS1 utilisent notamment le SSCC pour identifier de façon unique une unité logistique et relier le flux physique aux informations électroniques associées.
Comment présenter les volumes et la saisonnalité ?
Le chiffre mensuel moyen ne suffit pas. Une consultation doit montrer la courbe de charge.
Présentez idéalement trois scénarios :
| Scénario | Exemple | Utilité |
|---|---|---|
| Activité basse | 6 000 commandes/mois, 450 palettes | Vérifier le coût minimal et les frais fixes |
| Activité normale | 10 000 commandes/mois, 700 palettes | Comparer le fonctionnement courant |
| Pointe | 20 000 commandes/mois, 1 100 palettes | Tester la capacité, les équipes et les surcharges |
Les valeurs ci-dessus sont uniquement illustratives. Le principe est de demander aux prestataires de chiffrer les mêmes scénarios.
Ajoutez les événements connus : promotions, Black Friday, Noël, lancement produit, fermeture annuelle d’un fournisseur, campagne commerciale, saison industrielle ou opération de déstockage. La moyenne explique le quotidien ; le pic révèle la robustesse de la solution.
Si votre problématique porte principalement sur une saturation ponctuelle, consultez aussi notre guide sur le débord logistique.
Ne confondez pas stock à héberger et charge à traiter
Le stock se mesure, selon vos produits, en palettes, emplacements, unités ou mètres carrés. La charge opérationnelle décrit le travail à réaliser : déchargement, contrôle, mise en stock, préparation, retours. Un site peut disposer de places libres sans pouvoir absorber vos réceptions à la date souhaitée.
Pour construire votre courbe de charge, présentez les entrées, sorties et stocks par semaine ou par jour lorsque les arrivages sont concentrés. À périmètre constant, le stock final est égal au stock initial augmenté des entrées et diminué des sorties. Les ajustements d’inventaire, destructions et autres mouvements doivent apparaître séparément lorsqu’ils existent.
Demandez au candidat de préciser la capacité qu’il peut engager en stockage et en traitement, les plages horaires, le délai de préavis et le fonctionnement en pointe. La conversion des volumes en heures doit reposer sur ses moyens et ses cadences, ou sur des hypothèses explicitement annoncées.
Quelles prestations faut-il décrire dans le cahier des charges ?
Ne demandez pas simplement « stockage et préparation ». Découpez le flux en opérations observables et facturables.
Réception
- prise de rendez-vous fournisseurs ;
- déchargement ;
- contrôle quantitatif et qualitatif ;
- gestion des anomalies ;
- étiquetage ;
- mise en stock ;
- délai maximum entre réception physique et disponibilité informatique.
Stockage
- palette, masse, rack, bac, penderie ou surface dédiée ;
- FIFO, FEFO, lots et séries ;
- inventaires ;
- quarantaine ;
- gestion des stocks bloqués ou non conformes.
Préparation et expédition
- picking pièce, carton ou palette ;
- nombre de lignes et unités par commande ;
- contrôle ;
- emballage et consommables ;
- documents ;
- étiquetage transport ;
- heure de cut-off ;
- remise transporteur.
Retours et opérations complémentaires
- réception des retours ;
- contrôle du produit ;
- remise en stock, reconditionnement ou destruction ;
- co-packing ;
- kitting ;
- personnalisation ;
- photographie ou contrôle spécifique si nécessaire.
Cette décomposition permet ensuite de comparer les propositions avec une grille commune plutôt qu’avec des forfaits difficiles à interpréter.
Que préciser pour un dépotage de conteneur ou un arrivage import ?
« Dépoter un conteneur » ne décrit pas suffisamment le travail. Des cartons chargés au sol, des palettes et des châssis industriels demandent des moyens différents. Le cahier des charges doit permettre au candidat de confirmer son aptitude avant de proposer un prix.
| Information | Ce qu’il faut préciser |
|---|---|
| Conteneur et calendrier | Format et type, nombre, fréquence, port ou point de départ, date prévisionnelle, créneau souhaité et incertitudes d’arrivée. |
| Chargement | Cartons au sol, palettes, caisses ou pièces industrielles ; quantité par référence ; liste de colisage et photos disponibles. |
| Marchandises | Poids et dimensions unitaires, fragilité, possibilité de gerbage, points de prise ou consignes de manutention si nécessaires. |
| Opérations | Déchargement seul ou avec comptage, contrôle, tri par référence, palettisation, filmage, étiquetage et traitement des anomalies. |
| Après dépotage | Nombre de palettes ou surface estimée, durée du stockage, préparation éventuelle, destinations et rythme des sorties. |
| Coordination | Qui organise l’approche, le rendez-vous et le retour du conteneur vide ; qui suit les délais et les frais éventuels ; qui transmet les documents nécessaires. |
Ne demandez pas seulement si le site possède un chariot : faites confirmer les moyens adaptés à votre charge et à la configuration du déchargement. Pour une manutention particulière, décrivez le besoin et les contraintes, puis faites valider la méthode par l’opérateur.
Le passage à quai, le stockage après réception et les opérations de levage et manutention peuvent compléter le dépotage selon la marchandise. Ils doivent être chiffrés avec un périmètre explicite.
Exemple terrain : une demande de transport révèle un besoin de dépotage
Dans son expérience du transport industriel, Christophe Nuttin a identifié, au cours d’échanges avec des acheteurs de matériel aéroportuaire, un besoin de dépotage de châssis en complément du transport exceptionnel. Ce retour terrain montre l’intérêt de questionner le flux avant de limiter la consultation à une seule prestation.
Le dossier doit alors décrire les châssis, leur conditionnement, leurs dimensions et poids, les opérations demandées, le stockage éventuel et l’acheminement suivant. Les entreprises sont anonymisées ; cet exemple ne présente ni résultat chiffré ni promesse de gain.
Quels systèmes d’information et échanges de données préciser ?
Une externalisation logistique est aussi un projet de données. Précisez les systèmes actuels et le niveau d’intégration attendu :
- ERP ;
- WMS ;
- OMS ;
- Shopify, WooCommerce, PrestaShop, Magento ou solution propriétaire ;
- marketplaces ;
- EDI ;
- API ;
- formats de fichiers et fréquence des échanges ;
- reporting et portail client ;
- propriété, accès et restitution des données.
Décrivez aussi les flux d’information : commande, avis d’expédition, stock disponible, réception, retour, inventaire, statut colis et anomalies.
Si le prestataire traite des données personnelles pour votre compte, la relation doit aussi être cadrée au regard du RGPD. L’article 28 impose notamment un contrat définissant l’objet et la durée du traitement, sa nature et sa finalité, les catégories de données et les obligations des parties. Le guide du sous-traitant de la CNIL rappelle également la nécessité de préciser les obligations des parties. Prévoyez notamment de cadrer la sécurité, les incidents, la restitution ou destruction des données et les possibilités d’audit.
Quels SLA et KPI demander à un prestataire logistique ?
Un SLA logistique utile doit être mesurable avec une source de données et une règle de calcul connues des deux parties. Évitez les formulations comme « excellente qualité de service ».
Selon votre activité, vous pouvez suivre :
- délai de mise en stock après réception ;
- taux d’exactitude du stock ;
- taux de préparation sans erreur ;
- pourcentage de commandes expédiées avant le cut-off convenu ;
- délai de traitement des retours ;
- taux de casse ou d’avarie ;
- disponibilité des interfaces ;
- délai de réponse en cas d’incident ;
- fréquence des inventaires ;
- qualité du reporting.
Ne fixez pas un objectif chiffré parce qu’il paraît « standard ». Définissez d’abord ce que votre promesse client exige, puis demandez au prestataire de s’engager sur une mesure réaliste et vérifiable.
Précisez également la gouvernance : réunion opérationnelle, comité de pilotage, escalade en cas d’incident, plan d’actions, fréquence de revue des KPI et interlocuteurs nommés.
Comment demander les prix pour comparer réellement les offres ?
Après la consultation, notre guide vous aide à lire et normaliser les devis reçus avec les mêmes volumes, unités et hypothèses.
Pour les arrivages en conteneur, notre méthode pour comparer les devis de dépotage détaille les postes de manutention, les supports et le stockage à faire chiffrer séparément.
Le piège classique consiste à comparer un tarif de stockage ou un prix de préparation isolé. Deux offres ne sont comparables que si elles utilisent les mêmes hypothèses et si tous les postes significatifs sont identifiés.
Demandez une grille tarifaire structurée comprenant, selon votre besoin :
| Famille | Unité de prix à demander |
|---|---|
| Démarrage | setup, onboarding, paramétrage, intégration |
| Réception | palette, carton, conteneur, heure ou opération |
| Stockage | palette/jour ou mois, bac, emplacement, m² |
| Préparation | commande, première ligne, ligne supplémentaire, unité |
| Emballage | carton, enveloppe, calage, consommables |
| Expédition | tarif transport, surcharge, traitement |
| Retours | retour reçu, contrôle, remise en stock, reconditionnement |
| Services | kitting, étiquetage, co-packing, inventaire |
| SI | abonnement, interface, EDI/API, support |
| Minimums | minimum mensuel, seuil de volume, engagement |
| Pointe | majoration saisonnière, main-d’œuvre ou capacité dédiée |
| Sortie | préparation du stock sortant, export données, transfert |
Dans ses retours d’expérience sur les appels d’offres, FAQ Logistique recommande également l’usage de grilles de cotation permettant de faciliter le dépouillement et la comparaison des réponses. Faites aussi confirmer les prestations incluses, les exclusions, les minimums de facturation, les conditions de pointe et les frais de sortie.
Pour l’e-commerce, vous pouvez aussi utiliser notre simulateur de coût logistique e-commerce pour préparer un premier scénario avant consultation.
Exemple chiffré : le tarif de préparation le plus bas n’est pas toujours l’offre la moins chère
Simulation pédagogique, sans valeur de tarif de marché. Les deux offres portent sur le même mois, le même service et les mêmes hypothèses : 100 palettes reçues, 500 palettes facturables sur le mois, 1 000 commandes et 150 retours. Les frais d’emballage et tous les postes du tableau sont inclus dans la comparaison. Le transport, les coûts de démarrage et la sortie restent à évaluer séparément.
| Poste mensuel | Offre A | Offre B |
|---|---|---|
| Réception : 100 palettes × 2 € | 200 € | 200 € |
| Stockage : 500 palettes facturables × tarif mensuel | 4 000 € (8 €/palette) | 3 500 € (7 €/palette) |
| Préparation : 1 000 commandes × tarif | 1 500 € (1,50 €/commande) | 1 800 € (1,80 €/commande) |
| Retours : 150 retours × tarif | 450 € (3 €/retour) | 300 € (2 €/retour) |
| SI et reporting | 200 € | 100 € |
| Emballages | 300 € | 300 € |
| Autres frais fixes explicitement identifiés | 0 € | 200 € |
| Total HT du périmètre comparé | 6 650 € | 6 400 € |
L’offre A affiche un prix de préparation inférieur, mais son total est supérieur de 250 € sur ce scénario. Refaites le calcul sur un mois bas, un mois normal et un mois de pointe. Vérifiez également si le stockage se facture au stock moyen, au maximum occupé, à la palette-jour ou à toute palette présente dans le mois : ces règles changent le résultat.
Comment comparer les prestataires autrement que par le prix ?
Le coût reste essentiel, mais il doit être comparé à l’aptitude réelle du prestataire à exploiter le flux. Commencez par des critères éliminatoires : aptitude aux produits, exigences de sécurité et de conformité, capacité minimale, système indispensable et date de démarrage. Une offre incompatible sur un de ces points ne doit pas être sauvée par sa note de prix. Pour les candidats admissibles, une grille pondérée aide ensuite à comparer les compromis.
Voici un exemple de pondération pour les candidats admissibles, à adapter à votre entreprise :
| Critère | Pondération indicative | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Adéquation opérationnelle | 25 % | produits, process, B2B/B2C, retours, contraintes |
| Capacité et scalabilité | 20 % | surface, équipes, pics, croissance |
| Systèmes et données | 15 % | WMS, API, EDI, reporting, sécurité |
| SLA et qualité | 15 % | engagements, KPI, gouvernance |
| Coût complet | 15 % | TCO sur plusieurs scénarios |
| Conformité et risques | 5 % | assurances, risques résiduels, assurances et continuité après vérification des exigences indispensables |
| Transition et réversibilité | 5 % | onboarding, migration, sortie |
Cette pondération n’est pas une norme. Un industriel en flux critique pourra accorder beaucoup plus de poids à la continuité, tandis qu’une marque e-commerce en croissance donnera davantage de poids à la capacité de pointe, aux intégrations et aux retours.
Quelles clauses et conditions de transition prévoir ?
Le cahier des charges n’est pas le contrat, mais il doit préparer les sujets qui seront contractualisés. Pour un changement de site, utilisez aussi notre guide du transfert d’entrepôt sans interruption d’activité.
Prévoyez notamment :
- date cible de démarrage ;
- planning de transition ;
- reprise du stock et inventaire initial ;
- tests des interfaces ;
- double run éventuel ;
- responsabilités pendant la bascule ;
- assurances ;
- confidentialité ;
- conditions de révision tarifaire ;
- durée et résiliation ;
- réversibilité ;
- restitution des données et du stock.
La réversibilité doit être pensée avant la signature. Il faut savoir comment récupérer les stocks, les données, les historiques, les paramétrages et les documents nécessaires à une nouvelle bascule. C’est particulièrement important si vous envisagez un jour de changer ou remettre en concurrence votre prestataire logistique.
Comment organiser les réponses et la sélection ?
Indiquez les pièces à remettre, l’interlocuteur du projet et les échéances : questions, remise des offres, visites, éventuels tests, sélection et démarrage. Lorsque les réponses apportées à un candidat précisent le périmètre commun, communiquez ces précisions aux autres candidats concernés.
Demandez une réponse technique, une grille tarifaire complétée, les hypothèses de dimensionnement, les exclusions, les réserves et les conditions de transition. Toute proposition alternative doit être identifiée séparément de la réponse au scénario commun.
Présélectionnez les opérateurs réellement compatibles, puis vérifiez les moyens proposés et les engagements. Si plusieurs implantations sont possibles, examinez le schéma logistique et le plan de transport avant de retenir un site sur son seul prix de stockage.
Les 10 erreurs qui rendent un appel d’offres logistique difficile à exploiter
- Donner seulement le chiffre d’affaires ou le volume annuel. Ils ne permettent pas de dimensionner l’entrepôt.
- Masquer ou sous-estimer les pics. Le prestataire dimensionne alors une organisation insuffisante.
- Ne pas détailler les références et les produits. Le nombre de SKU, la taille et les contraintes changent profondément le coût.
- Mélanger données réelles et projections. Séparez historique, prévision et scénario haut.
- Oublier les réceptions. Une logistique ne commence pas au picking.
- Comparer uniquement le prix par commande. Il faut intégrer stockage, réception, retours, SI, minimums et prestations exceptionnelles.
- Laisser chaque prestataire inventer sa propre grille tarifaire. Vous obtenez des réponses impossibles à mettre en face à face.
- Négliger les systèmes et la donnée. Une intégration mal cadrée peut retarder toute la bascule.
- Ne pas définir les KPI avant de signer. On ne peut pas piloter ce qui n’est pas mesuré de la même manière.
- Oublier la sortie. La réversibilité est plus facile à négocier avant l’entrée qu’au moment d’un conflit.
Modèle de structure pour votre cahier des charges logistique
Vous pouvez utiliser la structure suivante comme base de travail :
- Présentation de l’entreprise et objectifs du projet
- Périmètre de la consultation
- Description des produits et contraintes
- Données de stock
- Flux de réception
- Flux de préparation et expédition
- Saisonnalité et scénarios de pointe
- Retours et services à valeur ajoutée
- Systèmes d’information et données
- SLA, KPI et gouvernance
- Grille tarifaire commune
- Transition et calendrier
- Conditions contractuelles et réversibilité
- Format et date de réponse attendus
Trame pratique : les champs à remplir avant diffusion
| Bloc | Champs à compléter | Pièce utile |
|---|---|---|
| Projet | Objectif, périmètre inclus/exclu, zone, date cible, responsable et contraintes indispensables. | Présentation et calendrier. |
| Produits | Références, formats, poids, dimensions, conditionnement, gerbage, contraintes et traçabilité. | Fichier articles et photos. |
| Volumes | Historique, prévisions, stock, entrées, commandes, lignes, sorties et retours par période. | Annexe volumétrique datée, unités précisées. |
| Réception | Mode d’arrivée, fréquence, contrôles, opérations de dépotage, palettisation et mise en stock. | Liste de colisage et consignes. |
| Service | Délais, cut-off, indicateurs, formules, sources, exclusions et gestion d’incident. | Tableau SLA à confirmer par le candidat. |
| SI | Systèmes, événements échangés, interfaces, tests, droits d’accès et restitution. | Schéma des échanges. |
| Économie | Unités facturables, minimums, surcharges, indexation, démarrage et sortie. | Grille de cotation et scénarios communs. |
| Transition | Inventaire, transferts, responsabilités, test de démarrage, secours et réversibilité. | Planning et répartition des responsabilités. |
Dans chaque annexe, ajoutez la date, l’unité de mesure, la source et le caractère constaté ou prévisionnel de la donnée. Marquez les valeurs inconnues comme « à confirmer » : une estimation annoncée vaut mieux qu’une fausse précision.
L’idéal est de joindre au document une annexe chiffrée contenant les volumes détaillés et une matrice tarifaire à compléter. Le cahier des charges explique le besoin ; la matrice force la comparabilité.
Besoin d’aide pour rédiger votre cahier des charges logistique ?
Plateformelogistique.fr peut également intervenir en prestation de conseil pour vous aider à préparer votre consultation. L’objectif n’est pas de remplacer vos équipes, mais de transformer vos données et vos contraintes opérationnelles en un document exploitable par les prestataires.
| Formule | Ce que nous faisons | Pour qui ? |
|---|---|---|
| Conseil & accompagnement | Analyse du besoin, atelier de cadrage, relecture du cahier des charges, identification des informations manquantes, structuration de la grille tarifaire et recommandations avant consultation. | Entreprise disposant déjà d’un document ou d’une équipe interne mais souhaitant sécuriser la consultation. |
| Rédaction intégrale | Collecte des données, entretiens avec les équipes, formalisation des flux et contraintes, rédaction du cahier des charges, annexes volumétriques, grille de réponse et critères de comparaison. | Entreprise souhaitant externaliser entièrement la préparation de son dossier de consultation. |
Cette intervention est une prestation de conseil facturée, établie sur devis selon le périmètre, le nombre de flux, la complexité opérationnelle et le niveau d’accompagnement demandé.
Échanger sur la rédaction de votre cahier des charges logistique
Vous êtes prêt à consulter ? Trouver un prestataire logistique adapté, puis décrire votre projet en précisant vos produits, volumes, zone et échéance.
Questions fréquentes sur le cahier des charges logistique
Que doit contenir un cahier des charges logistique ?
Il doit décrire le périmètre des prestations, les produits, les volumes, le stock, les réceptions, les commandes, la saisonnalité, les retours, les contraintes, les systèmes d’information, les niveaux de service, la grille tarifaire attendue et les conditions de transition. L’objectif est que tous les prestataires chiffrent le même besoin avec les mêmes hypothèses.
Quelle différence entre une demande de devis et un appel d’offres logistique ?
Une demande de devis peut être ponctuelle et peu structurée. Un appel d’offres organise une consultation comparable : périmètre commun, données identiques, format de réponse imposé, critères de sélection et calendrier. Plus le projet est important ou complexe, plus cette formalisation devient utile.
Combien de prestataires logistiques faut-il consulter ?
Il n’existe pas de nombre universel. Pour une PME ou une ETI, une présélection resserrée de prestataires réellement compatibles est souvent plus efficace qu’une diffusion massive. L’objectif est d’obtenir plusieurs offres comparables tout en gardant assez de temps pour analyser les réponses, visiter les sites et vérifier les références.
Peut-on rédiger un cahier des charges sans connaître précisément les volumes futurs ?
Oui, à condition de distinguer les données historiques des hypothèses. Présentez un scénario bas, un scénario central et un scénario de pointe, ainsi que les hypothèses de croissance. Le prestataire peut alors proposer une organisation et une tarification adaptées à plusieurs niveaux d’activité.
Comment comparer deux offres logistiques avec des unités tarifaires différentes ?
Il faut reconstruire un coût complet avec vos propres volumes. Appliquez chaque grille à un même mois de référence et à un même scénario de pointe, puis additionnez réception, stockage, préparation, emballage, SI, retours, minimums et autres frais. Si les unités restent incomparables, demandez aux candidats de compléter une matrice tarifaire standardisée.
Quels SLA faut-il intégrer dans un appel d’offres logistique ?
Les SLA dépendent de votre promesse client et de votre activité. Les plus fréquents concernent la mise en stock, l’exactitude des stocks, la préparation sans erreur, le respect du cut-off, le traitement des retours, la disponibilité des interfaces et le délai de gestion des incidents. Chaque SLA doit avoir une définition, une source de données et une fréquence de mesure.
Faut-il prévoir une clause de réversibilité ?
Oui, lorsqu’une activité importante est externalisée. La réversibilité organise la sortie : restitution du stock, données, historiques et documents, coopération avec le nouveau prestataire, délais et éventuels coûts. Elle évite d’avoir à négocier ces modalités uniquement lorsque la relation doit déjà prendre fin.
Quelles données personnelles faut-il encadrer avec le prestataire ?
Si le prestataire traite des données personnelles pour votre compte, par exemple des informations nécessaires aux expéditions ou aux retours, le contrat doit respecter les obligations applicables à la sous-traitance au sens du RGPD. La CNIL rappelle notamment les exigences de l’article 28 concernant le cadre contractuel, les instructions, la sécurité, les sous-traitants ultérieurs et les audits.
Que faut-il ajouter pour un conteneur chargé de cartons au sol ?
Précisez le nombre de cartons, leurs poids et dimensions, les références mélangées, les consignes de tri et de palettisation, les contrôles attendus et la destination des produits après déchargement. Joignez une liste de colisage et des photos lorsqu’elles sont disponibles.
Une capacité libre en stockage garantit-elle la réception de mes arrivages ?
Non. Faites confirmer séparément les places disponibles et la capacité de déchargement, de contrôle, de mise en stock ou de préparation à la date souhaitée. Le calendrier et les pointes doivent figurer dans la consultation.
Sources et références
- France Supply Chain : rôle de l’acheteur transport et déroulement du processus achats.
- FAQ Logistique Conseil : rédaction du cahier des charges et grilles de cotation dans un appel d’offres transport.
- CNIL : guide du sous-traitant, obligations contractuelles et sécurité des données.
- GS1 Belgium & Luxembourg : identification des unités logistiques avec un SSCC.
Les exemples chiffrés et pondérations de ce guide sont pédagogiques. Les exigences techniques, contractuelles et réglementaires doivent être adaptées aux produits, aux opérations et au contexte du projet.